Macron fait exploser les chiffres de la répression en France

Depuis le 17 novembre 2018 et l’acte I des Gilets Jaunes, la grogne sociale est montée d’un cran en France et est devenue régulière, comme le sont maintenant les nombreux cas de blessés lors de manifestations. Retour en chiffre sur ces faits récurrents qui n’existaient pas il y a encore quelques mois.

En France, la doctrine du maintien de l’ordre prévalait depuis de nombreuses années. Les deux principes fondamentaux de cette doctrine étaient la stricte nécessité de l’usage de la force et la proportionnalité de la réponse face à l’attaque. Mais depuis quelques mois et le début des grognes sociales (loi Travail, Nuit debout, les ZAD, les Gilets Jaunes, les retraites…) cela semble terminé. Policiers et manifestants se rendent coup pour coup. Les dernières en date, les manifestations du 5 décembre contre la réforme des retraites ont eu elles aussi leurs lots de blessés. Une femme a été blessée à l’œil à Paris ainsi que 3 journalistes, et l’on dénombre 5 blessés à Toulouse et 11 policiers blessés à Nantes.

Au moins 4.500 blessés

Depuis le début des colères, le bilan humain est extrêmement lourd. Au 4 octobre, ce sont près de 2.500 personnes qui ont été blessées, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Côté forces de l’ordre, Beauvau a recensé 1.950 blessés, principalement des policiers ou des gendarmes, mais aussi quelques pompiers. Libération, dans sa Carte des Gilets Jaunes gravement blessés parle de 144 cas depuis janvier, dont le plus connu d’entre eux est Jérôme Rodriguez.


David Dufresne quant à lui, dénombre 24 éborgnés et 5 mains arrachées. “La police a blessé en quelques mois autant de manifestants qu’en vingt ans” ajoute-t-il. Le journaliste indépendant a signalé 860 cas, vérifiés et documentés, de violences policières durant les mobilisations de Gilets Jaunes, entre décembre et juin 2019.

 

13.900 tirs de LBD et au moins 11.000 gardes à vue

Au cœur de la polémique, l’usage jugé excessif du lanceur de balles de défense (LBD). En mars, il y avait déjà eu 14.000 tirs cumulés. La police est davantage au contact, et utilise des armes de manière offensive comme les grenades qui contiennent du TNT, les GLI-F4. Rappelons que ces dernières ne sont pas utilisées dans d’autres pays d’Europe. Rappelons aussi que pour l’usage de ces armes, la France a été condamnée trois fois, par le Conseil de l’Europe, le Parlement européen et l’ONU.

En l’espace de six mois de mobilisation, les forces de l’ordre ont effectué un total de 12.107 interpellations, qui se sont soldées par prés de 11.000 gardes à vue, selon les chiffres du gouvernement publiés début avril. Le média indépendant Bastamag ! a avancé fin septembre le chiffre de 3.000 condamnations, dont un tiers assorties de prison ferme. « A l’opposé », d’après le secrétaire d’État à l’Intérieur Laurent Nuñez, interrogé fin août, 313 enquêtes judiciaires pour des suspicions de violences policières ont été ouvertes par l’inspection générale de la police (IGPN).

La stratégie de la tension a donc été celle choisie par l’État, loin de ce qui se faisait par le passé. C’est une stratégie extrêmement dangereuse, mais c’est le pari qui a été fait. Le gouvernement a ainsi réussit pour le mouvement des Gilets Jaunes a décourager la contestation, par le triple jeu des infiltrations (des Black Blocs jamais inquiétés ?), de la répression, et donc d’une opposition orchestrée « manifestants Vs police ». Cette opposition violente éloigne les manifestants des vrais responsables. Bien que durable, le nombre de manifestants est passé de 280.000 à quelques milliers pour les derniers actes. La contestation de la réforme des retraites a poussé semble-t-il plus de 1.000.000 de personnes dans les rues ce jeudi. Sera-t-elle le nouveau souffle du peuple français en colère ? Reportage à venir.

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